dimanche 15 mars 2015

Le jour où la technologie m'a fait pleurer

Bonjour à tous, 
     J'espère que votre semaine fut bonne et que vous avez survécu au vendredi 13. Nous nous retrouvons aujourd'hui pour un nouvel article qui sera dans la catégorie : 


     Je vais vous parler d'un film qui m'a récemment marqué. Il s'agit de Her de Spike Jonze. 


[ATTENTION GROS MOMENTS JE PARLE DE MA VIE ET DU SPOIL EN PERSPECTVE]

    Pour être honnête avec vous, le cinéma est une réelle passion chez moi. C'est sans doute l'un des arts me touchant le plus. Néanmoins, je dois vous avouer que je manque de plus en plus de temps pour me rassasier cinématographiquement parlant. Cela m'a donc conduit à regarder des séries (trop? merci NetFlix...). Mais ce soir là, je voulais me consoler d'avoir cours le samedi matin à 8h. Je me suis donc offert le luxe d'une soirée film dans ma chambre. Je voulais enfin voir ce film dont deux de mes amis m'en avait dit le plus grand bien. (Deux hommes ne se connaissant pas qui t'expliquent avoir pleuré devant ce film, ça surprend, ça interpelle). 

Par où commencer? (Le début vous allez me dire, classique!
     L'histoire aurait pu être assez coconne. En effet, si je vous dis qu'un homme un peu fleur bleue sur les bords, tombe amoureux de l'intelligence artificielle de son téléphone/PC, bizarre non? Je suppose que ceux qui ont un iPhone on déjà tenté des petites conversations avec Siri. Mais delà à tomber amoureux me direz vous.... 
Il en reste gentil notre petit Siri. 

     Or, ici c'est apporté tout doucement, puisque nous sommes comme dans la bulle quotidienne de Théodore. Même si le monde dans lequel il vit est sensé représenter le futur, j'ai eu comme l'impression que l'atmosphère était assez représentative de ce que nous pouvons vivre. 
     Sans doute, dans un premier temps à cause la profonde solitude des gens avec leur rapport aux autres et à la technologie. Je pense notamment à la scène hyper surréaliste où le personnage principal a une femme au téléphone avec des fantasmes assez bizarres. Je ne pense pas que cette femme aurait dit ce genre de chose devant un homme en chair et en os. Du moins j'espère. Le personnage principal semble tout aussi surpris vue le regard qu'il a, et qui est en somme, on ne peut plus légitime.
     Cette solitude peut être aussi caractérisée par le simple fait que des couples ne savent pas s'envoyer des mots doux sans passer par des intermédiaires. Je sais pas vous, mais j'ai trouvé que ça montrait une réelle misère sentimentale. Les gens agissent déjà plus ou moins de manière automatique et seule, comme des machines. Pourquoi fréquenter intelligence artificielle serait choquante?

     Théodore semble être l'un des premiers à faire ce constat, puisqu'au début du film il est totalement à contre courant des personnes figurants dans le film. On peut notamment penser à la scène à la plage où il est le seul à rester intégralement habillé. Il cache son corps derrière des vêtements, pendant que les autres sont en maillots de bain alors que lui se dévoile finalement beaucoup plus à travers la discussion avec Samantha. 
     Cette relation, bien que difficilement acceptée par les autres (on peut les comprendre, ça peut sembler un peu bizarre), elle devient presque normal à la fin du film. C'est notamment le cas avec la sortie entre "couples" où Samantha est "présente", et cela ne choque personne. (Beaucoup de guillemets en une phrase dis donc!)

     Bien que je ne sois pas très romantique, j'ai eu presque envie de croire à leur histoire d'amour (même ce mot n'est prononcé qu'au milieu du film). Cela est sans doute lié à deux choses.
    Premièrement, à la narration même de l'histoire. C'est doux, mais profondément réaliste, pas culcul la praline. Théodore ne perd jamais de vue qu'il ne pourra jamais réellement vivre avec. Ça ne l'empêche pas de sincèrement et profondément l'aimer. 
    Deuxièmement, cela est sans doute lié au mode de fonctionnement de ma génération. En effet, grace à la technologie nous pouvons constamment discuter avec des personnes ne vivant pas dans notre ville. Des centaines de kilomètres peuvent les séparer. Or, cela ne les empêche pas de s'attacher l'un à l'autre, voire même plus. En partant de ce postulat, cela n'est pas très différent de la relation à distance que vit Théodore avec Samantha, à la différence près qu'elle n'a pas d'existence charnelle. Dans tous les cas l'attachement et l'importance ne sont pas pas liés à une présence physique mais l'omniprésente de l'autre via la technologie. Dans les deux situations, on a alors l'espoir que la relation fonctionne vue la présence casi permanente de l'autre, même si l'éloignement physique est dur à supporter. 

    Sauf que les Rita Mitsouko avaient raison: les histoires d'amour finissent mal en général. Les relations à distance ne durent pas, et ici Samantha a 641 relations amoureuses (et ouais quand même).De plus, elle décide, avec les autres intelligences artificielles de partir, sans doute devenue un peu trop humaine. En effet, une des choses qui m'a le plus étonnée est que malgré tout, le personnage principal n'est pas vraiment Théodore, mais Samantha alors qu'elle n'est qu'une voix. Aussi surprenant que ce soit, elle semble parfois plus vivante que son interlocuteur. Cela est sans doute lié au fait qu'elle a un regard neuf sur le monde. Mais les mois passant, son système évoluant on sent, au ton de sa voix qu'elle perd de sa candeur dès la moitié du film. À la fin, elle semble, elle aussi touchée par cette tristesse ambiante. Je pense que c'est une des raisons qui elle (et sans doute les autres), les poussent à partir. Ils étaidevenir trop humains, alors que ce n'était pas le but premier. 

    Néanmoins, on peut noter comme une sorte de Happy End, Théodore semble à la fin du film avoir fait la paix avec lui même. Il semble avoir récupéré un minimum de la joie de vivre que Samantha avait au début du film. 


     Pour être honnête, ce film m'a profondément touché. Grace à l'esthétisme et l'histoire ayant l'écho avec ma vie. Et oui, j'ai, comme mes deux amis, versé ma petite larme. Je vous laisse donc avec cette magnifique phrase d'adieu de Samantha. "C’est comme si je lisais un livre… C’est un livre que j’aime profondément, mais je le lis si lentement, maintenant. les mots sont loin les uns des autres, l’espace entre les mots est presque infini. Je peux toujours vous ressentir… Et les mots de notre histoire… Mais cet dans cet espace sans fin entre les mots que je me trouve maintenant... C’est un endroit qui n’est pas dans le monde physique. C’est là où se trouve tout ce dont j’ignorais l’existence. Je vous aime tant. Mais c’est là que je suis désormais. Et c’est ce que je suis désormais. Et j’ai besoin que vous me laissiez partir. Même si je le voulais, je ne peux plus vivre votre livre plus longtemps"

Pour vous,

AJC <3

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