lundi 6 avril 2015

Petit bonus du jour férié #1

Bonjour à tous, 

     Alors, pas trop surpris de me retrouver aujourd'hui? Et oui, je ne vous l'ai pas dis mais les jours fériés je vous réserve des petites surprises (Attention jingle bannière)


Le bonus du jour ferié

   Aujourd'hui nous nous retrouvons pour un article un peu spécial... Prenez une petite boisson à coté de vous, c'est un peu long.



«Ainsi, le visage de Napoléon Bonaparte qui apparaît à la lueur des éléments que nous avons vus, est un visage complexe fait d'ombres autant que de lumière. Ogre ou héros, sauveur ou perdition du siècle, la figure napoléonienne tire de cette complexité sa force et son réflexif. Sans doute le destin des grands personnages ne peut se construire sans quelques aspérités où puissent s'accrocher les ombres de l'humanité»

 Voilà les derniers mots du travail qui a pris 4 ans de ma vie. J'avais comme l'impression d'avoir réellement côtoyé ce personnage historique puisque mes journées lui étaient consacrées. Je me sentais toutefois soulagée. J'étais comme plus légère, la pression que je m’étais mise durant ces années venait de s’envoler. J’avais réussi à finir le travail de ma vie. C'est pourquoi j’ai décidé de m'accorder une véritable sortie pour fêter cela. Mes amis étaient un peu surpris que "Mamie-Saint Hélène" sorte le nez des documents historiques et des écrivains romantiques. Il faut dire que cela faisait bien trop longtemps que je n'avais pas vu des véritables personnes. Une thèse rend asociale et ni l’Empereur ni Stendhal ou Victor Hugo étaient très parlants. Mes camarades m'avaient alors proposé de les rejoindre dans le nouveau bar à la mode en ville. Que cela allait me changer de l'atmosphère studieuse de mon bureau.



J'étais entourée d'étudiants dans une atmosphère de pub anglais bercé par du rock "so sixties". Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi bien et libre. Rien ne pouvait me rappeler mes études. Au revoir littérature, Adios histoire!

C'est à ce moment je vis, un homme de dos. Sa carrure ne m'était pas inconnue. Le son de son rire non plus. Il se retourna. Nos regards se croisèrent. Mon dieu, Toulouse était dans ce bar.  

FLASH
 
Je me retrouve alors 6 ans en arrière. Je n’envisageais même pas la rédaction de ma thèse. J'étais jeune, j’avais des rêves et des espérances qui me semblent surréalistes maintenant. Je l'avais rencontré dans un bar, dans une autre ville, ma ville natale. Il était venu m'aborder, je ne sais plus pour quelle raison. Sans doute car il connaissait certains de mes amis de l'époque. Nous avons ri, beaucoup. Son regard acier me fascinait. Ce soir là il m'avait porté jusqu'à mes draps blancs, et y était resté pendant quelques années. Deux ans précisement. Nous avons alors vécu collés dans mon appartement tout petit. Il était Amour, mon moteur, mon oxygène. Nous étions pourtant les parfaits opposés. Je voyais bien que, pour lui, mon univers était un peu obscur. Les années passant, moi évoluant, je me suis enfermée pour quelque temps avec la l’histoire et la littérature. Mais lui ne l'aimait pas. Il n’avait jamais eu de véritable ambition professionnelle, il préférait faire la fête. Toutefois, cela ne me posait pas de soucis tant que je pouvais toujours retrouver ses bras. Je l'avais dans la peau, en attestait le T que j'avais tatoué dans la nuque. (Je crois que je préviendrai mes enfants : ne JAMAIS se faire tatouer quelque chose en rapport avec son premier amour. A un moment on le regrette toujours amèrement).

Et il partit un jour, en claquant la porte. Il venait juste de siffler «J'ai l'impression que tu me trompes avec Napoléon». Il ne comprenait pas que j’écrive une thèse, il trouvait sa bête. Il ne comprenait pas le sujet, futile pour lui. (Mais je ne lui avais jamais demandé de comprendre si Napoléon était la figure du héros romantique…)  Après cela je n'avais eu de nouvelle de sa part. On m'apprit par la suite qu'il était parti vivre à l'étranger, qu’une nouvelle fille se trouvait dans ses bras.



Je ne pensais donc pas le croiser dans ce bar, dans cette ville. J'ai réussi à l'éviter une partie de la soirée. Je n'avais pas tellement envie de replonger dans le passé. Je ne voulais pas me rappeler combien l'amour fut fort, que la chute fut haute et douloureuse. Malgré nos différences j’avais eu espoir à un moment qu’il soit le bon. 2 ans de relations ne s’oublient pas comme ça. Mais il en avait décidé autrement.

J'étais sur le point de me commander quelque chose d'autre au bar, quand je sentis sa main sur mon épaule. Je me suis retournée et lui lança un regard noir.

«-Hey! C'est dingue de se retrouver ici, tu ne trouves pas?

-Dingue n'est pas le mot que j'aurais employé. Qu’est ce qu’on emploi pour parler d’une mauvaise surprise ?

-Napoléon va bien?»

Il ria de sa blague, comme une piqûre de rappel, de l'acide sur la cicatrice. Mais je ne devais rien laisser paraître, cela lui aurait sans doute fait trop plaisir.

«-Oh bien! On est mariés, et entre temps on a eu 2 gamins, un chien. On rembourse le crédit pour un cabriolet. Plus sérieusement, pourquoi es tu ici?

-Je suis venu rendre visite à des amis. Il faut dire que ça ne va pas trop entre ma copine et moi. J’ai des envies d’ailleurs. Du coup, je suis partie m’aérer un peu.

-Tant qu’elle ne te trompe pas avec un personnage historique mort depuis presque 200 ans, tu n’as pas à te plaindre, non ?

-Toujours aussi rancunière à ce que je vois. Mais tu sais quoi ? En te voyant dans ce bar ça m’a fait réaliser que j’ai peut être trouvé l’ailleurs que je cherchais. J'ai toujours aimé ton air boudeuse. »

Lorsqu’il prononça cette phrase j’ai cru tout bonnement halluciner. Pensait-il pouvoir revenir comme ça, après ces années passées ? Surtout qu’il ne semblait avoir aucun remord. J’éclatai alors de rire tant la situation fut cocasse.

« Écoute Toulouse, je suis peut-être "ailleurs", mais dans un ailleurs où tu ne seras plus jamais. On n’est pas sur la même planète, et je suis contente de l’avoir réalisé grâce à toi. C’est à ton tour maintenant. Sur ce, bonne soirée ».

Il repartit, décontenancé. Il faut dire que Monsieur ne semblait pas vraiment habitué à se voir opposer un refus de la part de la gente féminine. La personne à coté de moi, adossé au bar se retourna, me sourit et dit confusément.

« - Je ne sais pas ce que cet individu a pu vous faire, mais bonne répartie. Néanmoins, moi qui pensais vous offrir un verre, je dois vous avouer avoir un peu peur maintenant.

-Tant que vous n’avez pas le nom d’une ville française, cela me va ».

Je lui souris et c’est comme ça que j’ai rencontré Laurent, en tournant définitivement une page de ma vie, sous ses yeux.  


     Cet article fut écrit dans un cadre un peu particulier (car pas du tout autobiographique). Il a été écrit pour participer au projet Les Jolies Plumes. Le thème du mois d'avril était Rencontre entre deux amoureux d'avant. "Vos personnages ont été séparés - voyage, expatriation, travail, accident, rupture... - et se revoient après une certaine période de temps. Que ressentent-ils ? Ont-ils peur ? De quoi ? Que se passe-t-il ? Où se voient-ils ? Pourquoi s'étaient-ils quittés un temps ? Et que vont-ils faire à présent ?"
Vous voulez participer? Envoyez un mail à Célie et Fabienne (vous verrez, elles sont adorables) à latelierdesjoliesplumes@gmail.com 
  
J'espère que cette petite surprise vous a fait plaisir. Nous nous retrouvons demain pour la reprise classique des articles. 

Pour vous, 

AJC <3


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